Schoenstatt
Mouvement apostolique
22 - 11 - 2017
Une culture d'alliance

Schoenstatt, un "enfant de la guerre"

Souvent au cours de sa vie, Le Père Kentenich répétera à la Famille de Schoenstatt : "Nous sommes un enfant de la guerre". Par cette expression, il rappelle que Schoenstatt est né au moment où débute la première guerre mondiale, mais aussi que la croissance du mouvement ne peut se faire qu'à travers les épreuves et les persécutions. Depuis ces jours lointains de la première guerre mondiale jusqu'au jour de sa mort, il va construire pas à pas une œuvre gigantesque. Il s'y consacrera entièrement, nuit et jour, attentif à chaque événement, important ou non, à chaque personne qui vient le voir, et en laquelle il lit un message de Dieu. Et quand les choses ne sont pas suffisamment claires pour lui, il attend qu'un signe lui manifeste plus clairement la volonté de Dieu. Il se tient constamment "une oreille sur le cœur de Dieu et la main au pouls du monde".

Au cours de son discours à tous ceux qui s'étaient rassemblés autour de lui pour célébrer ses 25 ans de sacerdoce, il déclara : "L'œuvre qui a été créée ici est également l'œuvre des collaborateurs. Il est impossible de me voir moi, sans vous voir, vous aussi… Vous avez exercé une influence considérable sur mon évolution personnelle. […] Le livre que j'ai lu, c'est le livre du temps, le livre de la vie, le livre de votre âme. Si vous ne m'aviez pas révélé sans réserve vos états d'âme, la plupart des découvertes spirituelles n'auraient pas été faites. Cela ne s'apprend pas dans les livres, cela ne s'apprend que par la vie."
Entre les deux guerres, il est détaché de sa mission de directeur spirituel et se consacre à son œuvre qui s'accroit sans cesse : création et rédaction d'une revue, fondation de la Congrégation apostolique avec d'anciens élèves du Petit Séminaire de Schoenstatt, création d'une congrégation mariale pour les femmes, fondation de la première communauté de sœurs de Schoenstatt, premières sœurs missionnaires en Afrique du Sud, conférences à travers l'Allemagne et en Suisse, visites à tous les prêtres schoenstattiens dans de nombreuses paroisses, développement du mouvement de la jeunesse de Schoenstatt…

Lui qui, jusque là, avait eu une santé fragile, abat un travail considérable, s'affermissant au fur et à mesure de l'accroissement de l'œuvre. Il ne connait aucune ambition humaine, il se sait et se sent uniquement instrument dans les mains du Père. Cette attitude lui ôte toute tension, tout stress superflu. "Mon souci, disait-il, est d'être infiniment insouciant". Il s'impose également une discipline de vie plutôt sévère, ne s'accordant que le strict nécessaire quant à la nourriture et au sommeil. C'est une préparation providentielle aux nouvelles épreuves qui l'attendent…