Schoenstatt
Mouvement apostolique
22 - 11 - 2017
Une culture d'alliance

Instrument fidèle jusqu'au bout

A peine sorti de cet enfer, alors qu'il vient de fêter ses soixante ans, il reprend son activité apostolique sur deux fronts : d'une part, développer la dimension internationale de Schoenstatt, avec une série de voyages qui l'emmèneront en Afrique, en Amérique du Sud et aux Etats-Unis, pour construire tout un réseau de sanctuaires "filiaux" ; d'autre part, obtenir auprès de la hiérarchie allemande et du Saint-Siège la reconnaissance officielle de l'œuvre de Schoenstatt.

Mais cette reconnaissance se présente bien mal. Une première visite canonique est positive, mais quelques remarques sont faites à propos de la place que le fondateur occupe dans l'Œuvre, et on craint qu'il n'ait trop d'influence sur les membres de la Famille, et notamment sur les sœurs de Marie. Le Père Kentenich y répond par un texte de 300 pages dans lesquelles il dénonce le danger de la pensée mécaniciste. Mais ce texte est mal perçu. Suite à une deuxième Visitation apostolique demandée par Rome, le Père Kentenich se voit prié de s'exiler et de s'éloigner de son Œuvre. Le 22 octobre 1951, il quitte Schoenstatt et s'installe dans la communauté des Pères Pallotins de Milwaukee aux Etats-Unis.

Comme à son habitude, il continue à travailler : rédaction d'œuvres diverses, courrier, visites, conférences lui laissent peu de temps libre. Malgré cette nouvelle épreuve, il conserve une confiance aveugle dans le Mère trois fois admirable de Schoenstatt : "Nous n'avons pas le droit de nous décourager ni de nous lasser de faire tout ce qui est en notre pouvoir. Ma libération et celle de la Famille de Schoenstatt, la Vierge se l'est réservée."
Sa confiance sera payante, puisque 14 ans après le début de son exil, il est réhabilité par Paul VI et peut retourner à Schoenstatt pour célébrer la fête de Noël 1965…

Le 15 septembre 1968, quelques minutes après avoir célébré la messe dans l'Eglise de la Trinité de Schoenstatt, le Père Kentenich s'effondre dans la sacristie. Il part rejoindre Dieu et la Vierge qu'il a tant aimés. Le jour de son enterrement, Mgr Tenhumberg, évêque de Munster, dira de lui : "Je n'ai jamais rencontré d'homme dont j'ai eu à ce point la certitude qu'il était à chaque instant à l'écoute de Dieu, et qui, par cela même était, au sens le plus profond du terme, un homme d'obéissance".